FIFB : les boursiers continuent à payer

Union Nationale des Étudiants de France

La filière franco-britannique de l’IEP résiste encore et toujours à la « démocratisation ». La raison n’est pas à chercher bien loin :les frais d`inscription sont très élevés (2000 environ pour la 1ère année, 4000 pour la 2ème et la 3ème année) et les boursiers CROUS payent la TOTALITE de ces frais.

Cette filière n`est en effet pas soumise à la loi française qui impose l`exonération des frais d`inscription pour les boursiers dans les établissement publics grâce à un bidouillage légal. Cependant l’IEP reçoit quand même 40% de ces frais d`inscription, 60% allant à l`Université du Kent. L’IEP s’enrichit donc de fait sur le dos des boursiers!

Le minimum serait d`exonérer les boursiers des 40% des frais qui sont reversés à l’IEP par l`intermédiaire de bourses compensatoires. L’association Trait d’Union a formulé cette proposition, qui a été reprise par l’UNEF au CA. Cette demande est peu ambitieuse, mais du fait de l’urgence de la situation pour les étudiants de FIFB, nous voulions trouver le plus large consensus possible.

Cette mesure coûterait, pour la première année, 8000 euros. Cette somme est « impossible à réunir » pour la direction, qui a pourtant augmenté de 23.000 euros le budget « publications » du service communication. A terme cela coûterait 40.000 selon les estimations fournies par Trait d’Union : une bagatelle quand on sait que l`IEP a un budget de 4 millions d`euros, que le Concours Commun lui rapporte plus de 200.000 euros et que l`IEP a dégagé un excédent budgétaire de 300.000 euros cette année alors qu’on nous avait prédit une situation apocalyptique lors de l’augmentation des frais d’inscription l’an dernier.

Malheureusement, la situation risque de se dégrader. Depuis la réforme voulue par Cameron, les frais d’inscription au Kent pourraient doubler à la rentrée 2012! Résultat : les étudiants payeront plus et, ironie du sort, l’IEP recevra plus aussi! Il faudra alors décider si ce partenariat doit être maintenu, surtout si le Kent maintient la répartition 60-40, ou si, comme nos élus l`ont évoqué, il ne faudra pas chercher une université britannique qui ait fait le choix de la démocratisation et non de la haute sélection économique et sociale en évitant le plus possible les conséquences sur les étudiants. De telles universités existent, notamment en écosse, et sont tout aussi « bien cotées » que le Kent.

Le refus incompréhensible de la part de la direction de prendre en compte ce problème révèle une stratégie dangereuse de sa part. Alors que la démocratisation de l’IEP est vantée arc les programmes PEI notamment, une stratégie de sélection économique commence à s’affirmer. En filière générale elle est passée par l`augmentation des frais d`inscription, en filière franco-britannique elle risque de passer par un doublement des frais d`inscription pour TOUS les étudiants, et pour les étudiants en journalisme elle passe par des frais d`inscription de 5000 euros pour les non-boursiers et de 3900 euros pour les boursiers. Derrière la communication, la réalité montre que de plus en plus de barrières économiques sont mises en place.

L’UNEF n’acceptera pas que de telles logiques se perpétuent. Nous mettrons tout en oeuvre pour y mettre un coup d’arrêt.La mise en place de frais progressifs, loin de résoudre le problème, ne feraient que l’aggraver en accentuant la dépendance des étudiants vis à vis de leurs parents. Refusons la banalisation de ces mesures qui renforcent une sélection d’ores et déjà inacceptable!

L’homophobie hors de nos facs!

Les récents évènements autours d’une exposition soutenue par la LMDE montrent que le combat contre l’homophobie est toujours d’actualité. Rappel des faits : l’exposition sur le thème « Homosexualités » organisée par l’association étudiante Silence H dans le but de sensibiliser les étudiants aux problématiques liées à l’homophobie a été taguée le soir du mardi 2 mars par des étudiants appartenant à « Hétérophobie stop » lesquels ont jugé les clichés « impudiques ».

L’UNEF se battra pour que l’Université Lille 2 se porte partie civile et que les sanctions nécessaires soient prises. Il ne faut pas banaliser ces discours haineux et rétrogrades !

Ces actes scandaleux montrent qu’il est nécessaire de se battre pour que soient reconnus les droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles ou transgenres (personnes LGBT). L’argument infâme de « l’hétérophobie », reprenant la rhétorique du Front National du « racisme anti-blancs » doit être combattu !

Non, l’homosexualité n’est pas une maladie. Se battre contre l’homophobie ne signifie pas faire la promotion de l’homosexualité, c’est se battre pour que soit reconnue l’égalité entre les couples !

La LMDE et l’UNEF ont toujours lutté contre les préjugés sexistes et homophobes. Nous dénonçons ici la banalisation d’une violence verbale contre les personnes homosexuelles au sein même de la Faculté de médecine.

Encore aujourd’hui la violence et les discriminations, la question de son orientation sexuelle ou de son identité de genre, le sexisme et les stéréotypes constituent toujours un environnement pouvant favoriser le mal-être des personnes les subissant.

La législation progresse peu, les conditions de vie des personnes homosexuelles, bis ou transgenres sont marquées quasi quotidiennement par des remarques, des discriminations quotidiennes. Les discriminations et les violences sont présentes déjà à l’école, au collège, au lycée mais aussi dans le milieu professionnel, dans l’environnement familial et aux vues des derniers évènements, au sein de l’Université qui pourtant est un espace de liberté permettant à chacun de s’émanciper. Quel que soit le lieu, de nombreuses personnes cachent leur orientation sexuelle ou leur trans-identité par peur d’être brimé ou pour éviter la réprobation sociale. En France, les violences et agressions physiques et verbales contre les LGBT sont souvent dissimulées par les victimes, pourtant elles sont bien réelles ! C’est pourquoi l’UNEF et la LMDE dénoncent et condamnent avec la plus grande fermeté les actes scandaleux perpétrés par « Hétérophobie stop ».

Indignons nous!

Depuis plus de dix ans, les frais d’inscription explosent à l’IEP et plus largement dans tous les établissements d’enseignement supérieur. A l’IEP de Lille, les frais d’inscription étaient inférieurs à 300 euros à la fin des années 1990. Aujourd’hui, ils s’élèvent à 1 100 euros. Ils ont donc presque été multipliés par 4 ! Or, ni le passage d’un diplôme de trois à cinq ans, ni un « service rendu » de meilleure qualité ne peuvent justifier une telle hausse.

La réalité, c’est que l’on va de plus en plus chercher dans la poche des étudiants les fonds que l’Etat se refuse à donner. Les frais d’inscription représentent aujourd’hui près du tiers du budget, ce qui est énorme et surtout inquiétant. Si l’Etat ne prend pas ses responsabilités en finançant suffisamment l’IEP, ce n’est pas son développement qui sera menacé, mais son accès. Si des diplômes existent, c’est avant tout pour que des étudiants en profitent. Mettre sans cesse plus de barrières financières va à l’encontre d’une démocratisation plus que jamais nécessaire dans l’enseignement supérieur.

Et voilà que la direction décide de créer un partenariat avec l’ESJ ! Cette idée serait louable si elle n’impliquait pas un nouveau recul des droits étudiants. Ainsi, pour étudier dans ce double master, il faudra débourser 3 900 euros, même les boursiers, et 1 100 euros de plus pour les non boursiers ! De même, les frais d’ores et déjà exorbitants en FIFB risquent d’augmenter de nouveau à cause de la politique réactionnaire du gouvernement britannique !

Toutes ces augmentations risquent forcément d’influencer l’orientation de beaucoup d’étudiants. Le mythe selon lequel l’IEP ne compte que des étudiants riches qui peuvent se permettre des diplômes à 5 000 euros l’année doit être brisé.

Il existe à l’IEP une structure, la Commission Vie Étudiante (CVE), qui peut accorder des aides aux étudiants qui en ont besoin. Des étudiants siègent dans cette commission, dont des élus de l’UNEF.

Cette campagne a pour but d’informer sur l’existence de cette commission, méconnue par les étudiants (elle n’octroie jamais l’ensemble de son budget). Elle nous permet également d’aider les étudiants qui en auraient besoin à faire les démarches nécessaires, et de les appuyer en commission.

L’enjeu est important : il permet de contrer les différentes hausses en montrant que tous ne peuvent pas se permettre de payer des sommes exorbitantes. En contraignant l’IEP à rendre ce qu’il prend aux étudiants sous forme d’aides et à faire d’autres choix, nous remplissons notre rôle de défense individuelle et collective !