Santé des étudiants : le pire est évité mais tout reste à faire!

Le gouvernement a annoncé il y a une semaine une augmentation de la remise de gestion accordée par la CNAM aux mutuelles étudiantes. Concrètement, cette mesure permet aux mutuelles étudiantes de respirer et d’assurer leur mission de service public. Mais même si cette décision est une avancée, elle ne résoud en rien le problème de fond.

Depuis des années, c’est en effet à un affaiblissement de la couverture santé des étudiants auquel on assiste. Selon l’enquête sur la santé des étudiants publiée par la LMDE cette année, près d’un tiers des étudiants renonce à se soigner faute de moyens financiers, et 2 étudiants sur 10 n’ont pas de complémentaire santé. Déremboursements, franchises médicales, taxes sur les mutuelles sont autant de freins à l’accès aux soins. Le tout dans une logique comptable de réduction des dépenses, sans penser qu’un étudiant qui ne se soigne pas, c’est un étudiant qui risque de voir son état s’aggraver, et par conséquent « coûter » plus cher à la sécu…

Ainsi donc, si la gouvernement a permis aux mutuelles étudiantes de respirer financièrement, il n’est pas pour autant revenu sur des années d’une politique qui a abouti à l’affaiblissement des mutuelles étudiantes. Celles ci, sous financées de façon chronique, ne peuvent pas développer des politiques ambitieuses de prévention ou d’accompagnement des étudiants dans le parcours de soins.

L’UNEF a mené partout en France une campagne de pétition sur la santé des étudiants, qui demandait notamment un meilleur financement de la sécurité sociale étudiante, la suppression de la taxe sur les mutuelles et la mise en place d’un chèque santé au niveau national, permettant aux étudiant de bénéficier d’une bonne couverture santé. A ce jour, cette pétition a recueilli près de 60 000 signatures.

Si la réponse du gouvernement est une avancée, elle ne résoud pas le problème, c’est pourquoi nous demandons une pérennisation de la sécurité sociale étudiante par un renforcement de ses missions et prérogatives. Cela passera inévitablement par la mise en place d’un statut social pour les jeunes en formation et en insertion, seule réponse à même de reconnaître le droit à l’autonomie des étudiants et de les protéger face à la crise.

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