FIFB : le problème, c’est l’austérité

« Partout en Europe les gouvernements tentent de faire des économies. En Grande Bretagne, ce sont notamment les étudiants qui vont trinquer. Le gouvernement conservateur a en effet décidé d’augmenter le maximum des frais d’inscription de 3000£ à 9000£! Cette décision est à l’origine du plus grand mouvement étudiant anglais depuis bien longtemps, avec le syndicat anglais, National Union of Students (NUS-UK) en principal acteur de ce mouvement.

L’augmentation des frais d’inscription en Grande Bretagne risque d’avoir des conséquences à l’IEP, puisque les frais d’inscription de la filière franco-britannique (FIFB) sont fixés par le Kent. Les conséquences seront graves, en Grande Bretagne comme ici : des étudiants contraints de s’endetter pour poursuivre leurs études, ancrés dans la dépendance familiale. Cette situation, nous ne pouvons l’accepter.

Ensemble, avec le NUS-UK que nous avons contacté, nous réaffirmons notre opposition à l’austérité. Ce n’est pas aux étudiants de payer la crise, sacrifiant leur avenir. Les frais d’inscription ne doivent pas augmenter, car c’est l’assurance d’une forte reproduction sociale et d’un enseignement supérieur élitiste. Au Kent, comme à l’IEP, nous appelons les étudiants à rejeter cette politique. Nous appelons les étudiants anglais à descendre dans la rue pour défendre leurs droits. Nous appelons les étudiants de l’IEP à ne pas céder à la résignation et à ne pas accepter l’alternative infâme qui leur est proposée : payez plus, ou vous n’aurez rien!

En Grande Bretagne comme en France, les étudiants ne doivent pas être ceux qui payent la facture! NO CUTS, NO FEES, EDUCATION SHOULD BE FREE! »

Ce texte a été élaboré suite au lancement en FIFB d’une pétition visant à protéger la filière. Si nous ne nous associons pas, pour diverses raisons à cette pétition (notamment parce qu’elle fait la promotion d’un « esprit de corps » que nous rejetons et qu’elle vante les prêts étudiants, contre lesquels nous nous battons, l’éducation étant un investissement de la société et non un investissement individuel), nous tenons cependant à apporter notre éclairage sur la situation.

L’inquiétude des FIFB provient d’une information selon laquelle l’IEP aurait lancé un ultimatum au Kent, disant qu’il romprait le partenariat si les frais d’inscription au Kent augmentaient jusqu’à 9000£ comme il est prévu actuellement. Selon certains membres non étudiants du CA, le choix serait alors entre payer 9000£ par an, et voir la filière disparaître.

Dans ce cadre, l’inquiétude des FIFB est compréhensible. Nous constatons d’ailleurs que les étudiants de FIFB n’ont pas plus été informés que les élus étudiants des démarches de l’IEP. Depuis un an, l’UNEF plaide en effet pour que l’accord soit renégocié sur des bases plus favorables aux étudiants, avec comme alternative un nouvel accord avec une autre université britannique. Il faut bien constater qu’en l’absence d’un tel accord, l’IEP s’est privé d’un sérieux atout dans la négociation.

En dehors de toute dramatisation, nous souhaitons affirmer une position claire sur la question. Nous ne signons pas la pétition lancée Vendredi, pour autant nous ne laisserons pas la FIFB disparaître. Dire cela, c’est non seulement refuser que les FIFB se retrouvent sans rien, mais aussi refuser que les frais d’inscription augmentent. En effet, 9000£ par an, c’est bloquer l’accès à cette filière, ce qui équivaut à une disparition. C’est pourquoi nous voulons tenter tout ce qui est possible pour faire en sorte que les FIFB ne soient pénalisés. Seulement lorsque tout aura été tenté nous envisagerons d’autres systèmes permettant de ne pas faire payer l’intégralité de cette hausse par les étudiants.

C’est dans cet esprit que nous avons contacté nos partenaires de la NUS-UK. C’est en effet un combat sur lequel nous nous rejoignons, l’UNEF ayant été le seul syndicat européen à aller soutenir sur place les manifestations étudiantes britanniques. Car aujourd’hui, l’intérêt des étudiants français n’est pas dissociable de celui des étudiants anglais! Encore faut il mener la bataille et faire en sorte que ce ne soit pas l’austérité généralisée qui l’emporte.

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